CURTISS P-40 Tomahawk Mk.II 1/48 Airfix

Posté dans : WW2 - 1939/1945 0

Le port de Tripoli, en Lybie italienne, connaît une effervescence inhabituelle. Des nombreux navires et cargos amarrés sont déchargés des matériels nouveaux avec un marquage évocateur : une croix noire. L’agitation qui règne s’entend loin dans la ville et les voix, plus gutturales, moins « chantantes » qu’à l’accoutumée, confirment l’arrivée de troupes allemandes. Seul un instant, se préparant à rencontrer le général Italo Gariboldi, un général de 49 ans, droit dans son uniforme, ébloui par le soleil d’Afrique et les yeux plissés sous sa visière, s’est tourné vers l’horizon désertique. L’officier emblématique du 3ème Reich qu’il incarne, ressent-il à cet instant que son destin va se transformer en légende ?
Envoyé par Hitler pour secourir les alliés italiens débordés par les Anglais, il a pour mission de reconquérir la Cyrénaïque et la Libye. Mais son ambition est plus grande !

Le 12 février 1941 débute l’épopée de l'Afrikakorps avec à sa tête celui qui deviendra le plus jeune maréchal de l’armée allemande, l’audacieux général Erwin ROMMEL vite surnommé, avec crainte et respect :

 

LE RENARD DU DESERT

C’est dans cette superbe fresque historique choisie comme thème du GB 4 que je m’inscris avec enthousiasme et plaisir, assuré de participer à une aventure que je souhaite belle et amicale pour tout le monde. :)

Mon choix est le suivant : Le CURTISS P-40 Tomahawk Mk.II au 1/48 de chez Airfix.

Je commencerai par présenter le kit et ses améliorations puis la livrée envisagée.
Ensuite, je vais m’efforcer d’élaborer cet article sous la forme d’un « historico-montage ». Cela veut dire que toutes les données concernant l’appareil et son pilote apparaîtront progressivement au fil du montage.

Mais d’abord, la photo officielle dite « billet d’entrée »

Le Kit

Le kit Airfix n° A05133 à l'échelle 1/48 du P-40 Tomahawk Mk.II est moulé en gris et se compose de 100 pièces, dont 12 pièces transparentes. Les lignes de panneaux gravées en creux sont fines et pas aussi profondes que sur d’autres kits de la marque.

Le poste de pilotage est extrêmement bien détaillé : le plancher du poste de pilotage incurvé, le réservoir de carburant monté derrière le siège baquet, le cadre en H du siège pilote, un intérieur réaliste nous portent à croire qu'Airfix s’est inspiré de plans originaux. Il est prévu à la fois le siège à «dos arrondi» utilisé sur le P-40 B/C et le siège à dossier carré utilisé sur les Tomahawks de la RAF.

Le kit comprend un réservoir supplémentaire approprié pour le P-40 C (ou Tomahawk IIb).
Deux verrières en plusieurs parties sont fournies pour permettre une pose ouverte ou fermée. Elles sont plutôt fines et bien transparentes

Avec une précision peu commune, il y a une caméra montée à l'arrière du cockpit du côté bâbord du fuselage, avec une ouverture claire pour la photo-reconnaissance rappelant au passage que, particulièrement en Afrique du Nord, le Tomahawk a souvent été engagé dans un rôle de reconnaissance. Toutefois, on garde l’option de ne pas ajouter l’appareil photo grâce à un autre panneau à coller à la place de l’ouverture.

Il existe un ensemble relativement détaillé du radiateur collé dans le menton, ainsi que des pièces distinctes pour les ouïes de refroidissement au bord de fuite dudit radiateur permettant de le représenter ouvert ou fermé. Les gouvernes de direction et de profondeur sont mobiles, mais pas les ailerons. Détail intéressant, les pneus sont aplatis.
Enfin, une figurine du pilote est possible dans le cockpit.

J’ai de plus acheté de quoi améliorer plusieurs parties de l’appareil, comme par exemple le cockpit, les volets, l’appareil photo car la trappe sera ouverte, l’armement et les échappements…

 

Décalques pour deux versions

La première représente un Tomahawk Mk. IIA du 26e Escadron, de la RAF, basé à Sussex (Angleterre), en 1941. Le schéma de camouflage est terre sombre et vert foncé sur un vert beige (ou vert d'œuf de canard), avec environ 3/4 du dessous de l’aile gauche bâbord peinte en noir mat, une ligne courbe délimitant la démarcation. Cela peut paraître étrange car le noir sur l’intrados des avions de la RAF couvrait généralement la moitié du dessous (si ce n'est la totalité).

La seconde version représente un Tomahawk Mk. II du 112e Escadron, RAF, basé en Libye, en 1941. Le 112e Escadron a été la première unité sur P-40 à peindre le nez des avions avec des dents de requin, motif qui a ensuite été copié par les Tigres Volant. Cet avion, piloté par le Sgt. William Earl Houston, entrait complètement dans le thème du GB 4, mais j’ai fait un autre choix.

Quand Airfix avait annoncé un P-40 B/C et déclaré que celui-ci serait basé sur des recherches portant sur un P-40 C réel (l'avion restauré par Matt Nightingale pour The Fighter Collection en 2014), l’espoir était grand parmi les maquettistes. Il apparaît d’autre part que la marque a tenu compte de nombreuses remarques en corrigeant certaines erreurs des dessins de CAO avant la préparation des moules.

C'est un excellent (et peut-être le plus détaillé selon beaucoup) kit du chasseur britannique P-40 Tomahawk à l'échelle 1/48.
Le niveau de détail rivalise sans rougir avec Tamiya et il me reste en conclusion de cette présentation de boîte à me lancer dans le montage en faisant tous les efforts nécessaires pour être au moins fier de moi et digne de ce GB 4 …

La livrée

J’ai décidé de représenter le dernier Tomahawk (numéro de série AK498) utilisé par le FL. Clive Robertson Caldwell au sein du 250e Escadron en Afrique du Nord à la fin de 1941 (avant son passage sur Kittyhawk avec le Sq.112).
Son tableau de bord indiquait des victoires contre des adversaires allemands et italiens.

Pourquoi lui ?
Parce qu’il fut le plus grand as australien de la Seconde Guerre mondiale, le plus grand as allié en Afrique du Nord MAIS SURTOUT le plus grand as de toutes les nations alliées sur Curtiss P-40, car si cet avion traînait la réputation d'être inférieur à ses adversaires comme le Messerschmitt 109, entre les mains de pilotes expérimentés, il était capable de très bons résultats, tout particulièrement dans les combats à basse altitude et l'attaque au sol.

J’ai donc investi et je vais, pour la première fois, réaliser les lettres à l’aide des pochoirs fournis

 

Début de montage

Je vous propose par conséquent un début de montage tout en douceur et pour cela, pourquoi ne pas commencer en mettant en valeur une "base 5" de Closter ? ;)
Alors, on commence par quoi :

1. Protéger les choses délicates et fragiles :
Mettre à l’abri les parties transparentes et les ranger à part afin d’éviter toute dégradation.
De la même manière, conserver la planche décalcomanies dans un bouquin bien à plat par exemple.

2. Inspecter les pièces et les laver :
En prenant bien garde à ce qu’aucune pièce ne se détache de la grappe pendant le processus

3. Vraiment bien étudier la notice :
Avec notre ami stabilo

ATTENTION ! Tenir compte de toutes les notices notamment celle de la photo-découpe. Cela peut conditionner l’ordre de montage et le choix des pièces utilisées car, selon moi, la photo-découpe doit apporter un vrai plus par rapport aux pièces d’origine.
En l’occurrence, je ne me sens pas du tout obligé de tout utiliser pour le modèle en cours. :nonon:
Par exemple, le siège à « former » en photo-découpe ne sera jamais aussi beau (avec moi) que la pièce de la boîte, donc j’opte pour cette dernière.

Pour la peinture, les références sont le côté de la boîte et proposent uniquement la marque « Humbrol ».
Je me suis fait un tableau d’équivalence avec les autres marques que j’utiliserai. ;)

4. Rechercher de la documentation :
Il est très important pour ne pas dire fondamental de s’intéresser à l’histoire de l’appareil, son utilisation, les fronts sur lesquels il a opéré, à quel moment, dans quelles conditions etc.

DU MOTEUR EN ETOILE AU MOTEUR EN LIGNE

Encouragée par les bons résultats obtenus en Europe avec des chasseurs équipés de moteurs en ligne refroidis par liquide, la Curtiss Wright Corporation, avec Donovan Berlin, ingénieur en chef en tête, décida de monter un moteur à cylindres en V sur la cellule d’un P-36A (connu aussi sous le nom de Hawk 75) ordinairement équipé d'un Wright en étoile.

Curtiss P-36 "Hawk" in flight. (U.S. Air Force photo)

Or, pendant la période de la Seconde Guerre mondiale, le seul moteur d'avion de conception américaine à posséder une configuration en V et un refroidissement par liquide est l'Allison V-1710 à compresseur de 1160 ch.
Pour ceux qui voudraient voir et entendre un Allison : https://www.youtube.com/watch?v=Ce-lGhXcrFM

La modification fut entreprise sur le dixième exemplaire de série (sériai 30-18), à titre expérimental, cette machine volante recevant l'appellation de XP-40.
C'était le même monoplan à aile basse, de construction entièrement métallique et avec un train principal qui s'escamotait vers l'arrière, les roues pivotant de 90° pour prendre place dans l'épaisseur de l'aile. L'armement, qui restait insignifiant, se composait de deux mitrailleuses de 7,62 mm montées dans la voilure

Le prototype vola pour la première fois le 14 octobre 1938 entre les mains d'Edward Elliott à Buffalo.
Un tel moteur, à puissance égale avec un moteur en étoile, offrait moins de trainée et donc permettait une vitesse un peu plus élevée, de l'ordre de 5%.
A l'origine, le radiateur était monté à la racine des ailes, mais le gain obtenu était trop faible et des tests en soufflerie au sein du NACA montrèrent qu'il valait mieux utiliser un radiateur sous le nez, mais avec un capot plus aérodynamique.

L'appareil, qui dépassait déjà les 300 mph (500 km/h), franchissait les 350 mph (570 km/h).

Le P-40 résultera donc de la décision de remplacer un moteur en étoile par un moteur en ligne sur un appareil existant, la première expérience du genre aux Etats-Unis.

L'Allison équipera de très nombreux avions à l'instar du Lockheed P-38 Lightning et du Bell P-39 Airacobra. Il connaîtra donc une production très importante avec 70 033 exemplaires réalisés du 13 août 1931 au 2 juin 1948 à l'usine d'Indianapolis.

Suivre René-Luc Aubry:
Très tôt, je suis émerveillé par l'aviation et l’astronautique ; j’ai 9 ans quand Amstrong pose le pied sur la lune en 1969. Découvert dans un grenier, le "Le Grand Cirque" de notre As national Pierre Clostermann est un véritable révélateur (avec les BD « Rapaces ») et, comme les copains de mon âge, je monte des avions de la seconde guerre mondiale au 1/72 (que sont-ils devenus ??). Enfant puis adolescent, je dévore tout ce qui concerne l’aviation de cette période avec une soif insatiable. La vie active m’éloigne de tout cela, mais à 30 ans, je découvre l’échelle 1/48 grâce à un ami. C’est un premier réveil ! Je me lance avec le CORSAIR de Papy Boyington (Ah.. les têtes brûlées) ainsi qu’un A6M5c ZERO, tous deux peints au pinceau. Parallèlement, j’accumule une documentation papier très importante (internet n'existe pas). J’achète des boîtes, du matériel et j’investis même dans un aérographe et un compresseur, mais la vie privée et surtout professionnelle me rattrape presqu’aussitôt et m’éloigne du maquettisme pendant de nombreuses années. Avec l’arrivée dans les foyers de l’ordinateur et des simulateurs de vol, mon intérêt pour l’aviation, les pilotes et plus généralement pour l’histoire se confirme, se développe encore. A 45 ans, je réalise l’un de mes rêves et me retrouve un jour seul aux commandes d’un Cessna. Puis, en 2018, je découvre « Plastikdream » avec un autre « Clostermann ». C’est le second réveil ! Quelle chance de pouvoir partager ainsi en images les conseils, les expériences, des méthodes nouvelles pour moi, et tout cela dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Je ressors les maquettes, le matériel, la documentation restés dans des cartons pendant 25 ans et j’investis. Je retrouve soudain l’enfant enfoui en moi avec une réelle excitation, mais surtout une intense émotion. C’est décidé, je vais revivre à fond ma passion. Depuis, je connais une belle aventure. J’apprends beaucoup et m’évertue à m’améliorer tout en essayant de transmettre mon vif intérêt pour l’histoire qui entoure un modèle ; le montage se trouve, selon moi, transcendé, infiniment plus passionnant ; j’allais écrire : plus vivant. J’ai imaginé le concept « d’historico-montage » qui permet de voir, de ressentir l’appareil réalisé bien différemment, le devinant dans son contexte historique, géographique, supposant la vie de son pilote, notant au passage le petit détail qui confèrera un plus grand réalisme au modèle. En conclusion, je tiens à remercier vivement Didier dit « Clostermann » qui, par sa généreuse initiative, réveille en nous l’enfant endormi. Très longue vie à PlastikDream et à son magnifique forum. Bien cordialement à tous et à toutes.

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