Historico-Montage: GB#4 DAK vs Forces Allièes

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Episode 1: Le Renard du désert.

Le port de Tripoli, en Lybie italienne, connaît une effervescence inhabituelle. Des nombreux navires et cargos amarrés sont déchargés des matériels nouveaux avec un marquage évocateur : une croix noire. L’agitation qui règne s’entend loin dans la ville et les voix, plus gutturales, moins « chantantes » qu’à l’accoutumée, confirment l’arrivée de troupes allemandes.

Seul un instant, se préparant à rencontrer le général Italo Gariboldi, un général de 49 ans, droit dans son uniforme, ébloui par le soleil d’Afrique et les yeux plissés sous sa visière, s’est tourné vers l’horizon désertique.

L’officier emblématique du 3ème Reich qu’il incarne, ressent-il à cet instant que son destin va se transformer en légende ?
Envoyé par Hitler pour secourir les alliés italiens débordés par les Anglais, il a pour mission de reconquérir la Cyrénaïque et la Libye. Mais son ambition est plus grande !

Le 14 février 1941 débute l’épopée de l'Afrikakorps avec à sa tête celui qui deviendra le plus jeune maréchal de l’armée allemande, l’audacieux général Erwin ROMMEL vite surnommé, avec crainte et respect :

Le "Renard du désert"

Favori d’Hitler parmi ses généraux, vénéré par ses troupes et admiré par ses ennemis, Erwin Rommel « der Wüstenfuchs » et son fameux Afrikakorps doivent soutenir l’allié italien dans son expansion libyenne, et servir la propagande.

Sitôt arrivé, Rommel part en reconnaissance au-dessus du désert à bord d’un avion d’observation, en l’occurrence un Fieseler Storch, un engin qui lui sera très utile.

 

Rommel utilise fréquemment cet avion pour contrôler l'avancement de ses troupes et atterrit souvent près des lignes de front pour s'entretenir personnellement avec les commandants. Cette pratique n'est pas sans risque.

En survolant à basse altitude un bataillon de Bersaglieri, les Italiens surpris ouvrent le feu sur le Storch qu’ils ne connaissent pas. «C’est un miracle que nous n’ayons pas été abattus » Rommel
Il ne suit pas les instructions d’Hitler qui sont d'attendre le débarquement des renforts et au grand dam de la hiérarchie italienne reprend l'offensive dès que possible.

La force qu'il dirige est minuscule : le bataillon de reconnaissance et un détachement antichar de la 5ème division légère (bientôt renommé la 21ème division blindée). Le reste de la division est toujours en route pour l’Afrique et une deuxième division, la 15e Panzer, n’arrivera pas complètement avant la fin du mois de mai.

Malgré la faiblesse des moyens qui lui sont confiés, il entend non seulement sauver la tripolitaine-ouest de la Lybie, mais aussi repousser les britanniques jusqu’en Egypte. Les véhicules portent le fameux palmier du D.A.K.

Dès la mi-février 1941, avec des effectifs gonflés de faux chars en bois montés sur des Volkswagen, le général Rommel décide d’occuper l’étranglement d’El Agheila. La 5ème division légère passe rapidement à l’offensive et les troupes adverses entament un repli affolé.

Début avril 1941, avec 50 panzers et deux nouvelles divisions italiennes, Rommel surprend le général britannique Wavell, qui était convaincu que le général Rommel n’attaquerait pas avant de disposer d’au moins deux divisions blindées.
La campagne de Cyrénaïque est un véritable triomphe !

Lors de sa tentative pour conquérir l’Égypte, Rommel est bloqué à Masah Matrouk, qui se situe à 200 Km d’Alexandrie, mais sous le coup de l’attaque, les Britanniques se replient dans la plus grande confusion, évacuent Benghazi et, mi-avril 1941, sont chassés de Cyrénaïque à l’exception d’un détachement demeuré enfermé dans Tobrouk.

Le triomphe remporté sur les Italiens quelques mois plus tôt est réduit à néant.
La nouvelle ligne de défense britannique se situe dans le secteur de Marsa Matrouh.

 

 

 

Episode 2: LE SIEGE DE TOBROUK ET L’OPERATION BREVITY

La garnison de Tobrouk (9ème division australienne renforcée, par une brigade d’infanterie et 50 chars) constitue une menace sur le flanc de toute attaque allemande en direction de l’Egypte et la vaincre constitue le préalable logique à une offensive vers le Nil.

Le 14 avril 1941, le périmètre de défense est percé au sud par les chars de Rommel qui s’enfoncent de 3 kilomètres en direction du port, mais ils sont arrêtés par l’artillerie australienne, puis repoussés après avoir perdu 16 chars sur 38.

Le 16 avril, les Italiens attaquent à leur tour, en vain.

Un nouvel assaut est déclenché le 30 avril 1941, mais le lendemain, les Allemands n’ayant plus que 35 chars, l’attaque est suspendue et le siège de Tobrouk se poursuit.

Le 12 mai 1941, quatre navires provenant de Grande-Bretagne, se risquent à travers la Méditerranée au lieu de contourner l’Afrique, et atteignent Alexandrie avec 238 chars (quatre fois plus que ce dont le général Wavell dispose alors pour la défense de l’Egypte) dont 21 chars légers Mark VIC, 82 chars Cruiser y compris 50 Crusaders) et 135 chars d'infanterie Matilda, ainsi que 43 chasseurs Hawker Hurricane.

 

Les chars Matilda présentent de nombreux défauts mécaniques, notamment l'absence de filtre à sable pour les moteurs, nécessitant des préparations importantes

Opération Brevity (15 et 16 mai 1941)

Pour venir en aide aux Australiens assiégés à Tobrouk, le général Wavell, commandant en chef des forces britanniques du Proche-Orient, vise à rapidement affaiblir les forces de l'Axe dans la région de Sollum, Fort Capuzzo et Bardia.

Le 15 mai, sous le commandement de William "Strafer" Gott, la 22e brigade de la Garde et la 7e brigade blindée, alignant 51 chars, reprennent Sollum, la passe d'Halfaya et une partie du fort Cappuzzo. Les panzers de la 5e division légère contre-attaquent et reprennent le fort. Rommel fait alors intervenir les panzers de la 15e Panzerdivision qui rejoignent le Kampfgruppe Herff le 16 mai. Sollum est reprise.

William Gott décide de retirer la totalité de ses forces derrière sa ligne de départ, à l'exception de la passe d'Halfaya qui est défendue par un bataillon de la 22e brigade de la Garde et 9 Mark II Cruisers.

L'arrivée de renforts allemands oblige l'annulation de l'opération après une seule journée de combat.

Le 27 mai 1941, Rommel reprend la passe (opération Skorpion), annulant totalement les gains territoriaux préalablement acquis lors de l'opération pour les Britanniques.

Rommel a pu constater la faiblesse de son dispositif défensif sur la frontière et celui-ci est renforcé, mais les combats ont mis en lumière la vulnérabilité du Matilda face au canon de 88mm allemand qu’il saura utiliser avec une grande efficacité tout au long de la guerre du désert.

Puissant, à vocation initiale anti-aérienne, la mobilité et la capacité de projection du 88 ont été permises grâce au SdKfz 7 (Sonderkraftfahrzeug 7), autochenille de huit tonnes, destiné à lui servir essentiellement de tracteur, mais pouvant aussi transporter jusqu’à huit hommes et une importante quantité de matériel.
Equipé d’un treuil, ce véhicule joue un rôle primordial.

GB#4: Sd.Kfz7 8 1/35 Tamiya par Michael Rouyer

Episode 3: L’OPERATION BATTLEAXE (juin 1941)

L’opération, également connue sous le nom de bataille de Sollum, vise à chasser les armées allemande et italienne de l'est de la Cyrénaïque et de lever le siège de Tobrouk. C'est la première fois de la guerre où des forces allemandes significatives se retrouvent sur la défensive.

Le principal souci de Rommel est de nature logistique :
« Malheureusement, nos réserves de carburant étaient terriblement basses, et c'est avec une certaine anxiété que nous envisagions l'attaque britannique à venir, car nous savions que nos mouvements seraient dictés par la jauge à essence plus que par les nécessités tactiques. » Rommel.

Afin d’avoir une vision claire de la situation, Rommel s’appuie sur ses services de renseignement et le 33e Bataillon de reconnaissance équipé de Leichte Panzerspähwagen SdKfz 222 et de motocyclettes DKW NZ 350.

 

En ce qui concerne la qualité de ses chars, le général Wavell exprima des doutes sérieux :
« Nos chars d'infanterie sont vraiment trop lents pour une bataille dans le désert, et ils ont subi des dégâts considérables dus au feu des puissants canons anti-char de l'ennemi. Nos crusaders n'ont que peu d'avantage en puissance ou en vitesse sur les chars moyens allemands. Les pannes sont encore trop nombreuses. » Archibal Wavell

Le 15 juin, les Britanniques perdent plus de la moitié de leurs chars dès le premier jour.

Rommel utilise une tactique très efficace :
Les Panzer IV armés du canon de 75 mm avec des munitions explosives et une portée pratique de 2000 m, ouvrent le feu en restant bien au-delà des 460 m de portée des canons de deux livres des chars britanniques. Les dégâts sont minimes sur les chars britanniques, mais ravagent leur artillerie tractée de 25 livres, forcée de se retirer. Les Panzer IV et les Panzer III (canon de 50 mm) peuvent alors se rapprocher en toute sécurité et percer le blindage peu épais des chars Crusader tout en restant hors de portée de leurs canons.

 

Lorsque les chars britanniques, qui souffrent en plus de nombreuses pannes, tentent de se rapprocher, les panzers se retirent rapidement derrière un rideau de canons antichars et les 88mm.

A la suite de cet échec, Winston Churchill envoie de vastes renforts en Egypte. Tobrouk est renforcée par mer. Le général Wavell est remplacé par le général Claude Auchinleck.

Les Britanniques ont désormais 700 avions et plus de 710 chars (500 chars supplémentaires sont en réserve ou en cours d’acheminement). En comparaison, le général Rommel reçoit peu de renforts d’Allemagne. Il a 120 avions et 200 italiens ; 174 chars et 146 italiens. Par contre, il perçoit des canons antichars plus efficaces et contrôlant le terrain, il peut récupérer les véhicules détruits des deux camps pour réparation ou récupération.

Juste après la défaite des forces britanniques et en l'absence de réserves, l’Égypte s'offre sans défense pour Rommel, mais sa situation critique en matière d'approvisionnement et la menace persistante sur ses arrières que représente la garnison de Tobrouk, le dissuadent d'exploiter son succès.

Dans les airs, les Britanniques subissent des pertes nettement plus lourdes que les Allemands et les Italiens. La principale raison, selon le maréchal Tedder, est le manque d'entrainement des pilotes et la nécessité d'une couverture aérienne constante, impliquant des patrouilles de petite taille.

Pour autant, des pilotes alliés mènent la vie dure à la Luftwaffe. Le 29 août 1941, à bord de son P-40 Tomahawk, l’as australien Clive Caldwell est attaqué par deux 109 au nord-ouest de Sidi Barrani.

L’un de ses assaillants n’est autre que le célèbre Bf 109 E-7 "black 8" du 2/JG 27 piloté par l’un des meilleurs as de l’Allemagne, le Leutnant Werner Schröer, à qui on a attribué 114 avions alliés en seulement 197 missions de combat.

 

Lors de la première attaque, Schröer endommage le Tomahawk de Caldwell qui est blessé par balle au dos, à l'épaule gauche et à la jambe. Lors du passage suivant, des morceaux de plexiglass le blessent de nouveau au visage et il reçoit des éclats d'obus dans le cou. Deux obus traversent le fuselage arrière, juste derrière lui, et l'aile tribord est endommagée.
Le moteur prend feu, mais il réussit à éteindre les flammes grâce à un glissement violent.

 

Malgré les dommages subis par lui-même et par l'avion, Caldwell s'estime "assez hostile" selon ses termes, pour attaquer ses assaillants et il réussit à abattre le second 109 avant d’endommager lourdement l’avion de Werner Schröer, contraint de désengager à la hâte, manifestement très surpris par la tournure des événements.

 

Il ramène ensuite son épave volante à la base de Sidi Haneish. Le P-40 est criblé de plus de 100 cartouches de balles, ainsi que de cinq coups de canon de 20 mm qui ont perforé un pneu et rendu les volets inopérants.

Remis de ses blessures, promu au grade de Flight-Lieutenant, à la tête du 250e escadron dans la région d’El Adem le 5 décembre 1941, Caldwell engage une formation de quarante bombardiers en piqué Junkers Ju-87 Stuka et en quelques minutes, il abat cinq bombardiers pour lesquels il se voit attribuer une barre à sa DFC.

Episode 4: L’OPERATION CRUSADER (15 novembre-15 décembre 1941)

Après l'échec de l'opération Battleaxe, les Britanniques ont besoin d'une victoire pour remonter le moral de leurs troupes et de leur population. L'arrivée d'Auchinleck à la tête du front à la place de Wavell change les habitudes britanniques dans le désert. L'opération a lieu après un été sans combat, lors duquel les deux adversaires se sont renforcés.

La Western Desert Force est devenue la VIIIe Armée en septembre 1941 et est placée sous le commandement du Lt General Sir Alan Cunningham qui avait chassé les Italiens de la Somalie et de l’Abyssinie.

Les Britanniques, dont le char Matilda Mark II est devenu obsolète, reçoivent deux nouveaux modèles de chars :

Rommel ne dispose d'aucune réserve en chars. Néanmoins, les Allemands disposent d'un nombre élevé de Panzer III et IV, qui sont largement supérieurs à tous les chars britanniques.

Enfin, les forces de l'Axe disposent d'un bon nombre de canons antichars.

Le 18 novembre 1941, alors qu’ils ont une écrasante supériorité numérique, les chars britanniques font encore l’erreur d’avancer en ordre dispersé, par petits paquets, notamment à Sidi Rezeigh, s’offrant aux tirs de canons antichars allemands habilement placés et camouflés.
Tout laisse à penser que l'opération Crusader risque d'être encore plus catastrophique que l'opération Battleaxe. Mais les Britanniques avec leurs alliés (Commonwealth et Polonais) réagissent et infligent aux troupes allemandes de lourdes pertes les obligeant à battre en retraite à Gazala et à abandonner le siège de Tobrouk.

Le 20 novembre. La bataille est rude ; l'arrivée de canons de 88 mm et d'artillerie antichar permet toutefois aux Allemands de rester maîtres du terrain et de repousser les M3 Stuart.

Le lendemain commence une des plus grandes batailles de chars de la Guerre du désert.
M3 Stuart et Crusader contre Panzer, plus les chars italiens de la division Ariete.
Les Britanniques tombent sur le quartier général de l’Afrika Korps et le détruisent.
Le 23 novembre, les Allemands perdent 70 des 160 chars qu’il leur restait, mais le lendemain, Rommel décide d’attaquer les lignes de ravitaillement britanniques dans la zone de Sidi Omar, espérant les contraindre à cesser le combat. Il occupe rapidement le col d’Halfaya. Le gros des chars allemands et italiens n’a cependant pas suivi et faute de ravitaillement, il laisse le temps aux Britanniques de se ressaisir.
Le 26 novembre, le général Alan Cunningham est remplacé par le général Neil Richtie.
Le 27 novembre 1941, le général Rommel renonce à sa contre-attaque et replie ses forces en direction de Tobrouk. L’Afrika Korps n’a plus que 60 chars.

Un char Crusader passe derrière un Panzer IV détruit (27 novembre 1941)

La 8ème armée britannique entame une molle poursuite, laissant les Allemands se replier sans trop de peine jusqu’à Marsa El Brega, sur la côte tripolitaine ; une position idéale pour la défensive. Par contre, les garnisons germano-italiennes isolées derrières les lignes britanniques ont dû capituler. Néanmoins, la liaison avec Tobrouk est rétablie et sa garnison renforcée par terre et par mer.

Enfin, le 31 décembre, Erwin Rommel s’est replié sous la pression britannique et a abandonné toute la Cyrénaïque aux Britanniques.

Ainsi s’achève cette année 1941 en Afrique du Nord.

Episode 5: LA BATAILLE DE GAZALA (26 mai au 21 juin 1942)

Début 1942 Rommel reçoit des renforts en hommes et en blindés et le 21 janvier 1942, il envoie trois fortes colonnes blindées en reconnaissance tactique.
Le même jour va décoller une petite force aérienne pour une mission très spéciale.

Le « Sonderkommando Blaich » ou l’attaque du fort Lamy au Tchad

Les forces spéciales britanniques sèment le chaos derrière les lignes de l’axe et aident les commandants britanniques à concevoir leurs lignes de défense. Il est décidé d’attaquer les extrémités du désert tchadien.

Sous le commandement du capitaine Theo Blaich (riche propriétaire foncier et aventurier en Afrique avant la guerre), une unité aérienne spéciale est constituée pour faire face au Long Range Desert Group et aux SAS dans le désert. Elle est composée d'un He-111 et du Bf-108 Taifun personnel de Blaich qu’il pilote lui-même.

A environ 2 500 kilomètres plus au sud, les Français Libres occupent l'avant-poste de Fort Lamy au Tchad, position d’une importance stratégique capitale pour les Alliés, car il s'agit de la principale enclave intérieure de ravitaillement en provenance des ports et des champs pétrolifères de la côte ouest africaine. C'est également un dépôt d'approvisionnement vital pour les forces spéciales alliées.

Compte tenu de l'offensive prévue par Rommel, il est décidé de bombarder Fort Lamy.

Le 21 janvier 1942, les avions décollent et le premier arrêt pour faire le plein a lieu sur la petite piste italienne de l’oasis de Hun.
Blaich est reçu par le major Conte Vimercati-Sanseverino arrivé la veille en Savoia-Marchetti pour apporter l'essence nécessaire.

La petite force repart l’après-midi même.

Bientôt, le fort Lamy apparaît à l'horizon avec son aérodrome et ses gigantesques réservoirs d'essence. 16 bombes de 50 kg sont larguées et explosent dans des entrepôts.
Tout le carburant accumulé, environ 400 000 litres, ainsi que divers types d'huiles et de lubrifiants partent en fumée. Dix avions sont également détruits au sol. Fort Lamy est hors de combat pendant quelques semaines ; c’est vraiment un coup dur car l’essence débarquée à Douala est amenée à fort Lamy par camions sur 1200km de mauvaises pistes praticables qu’une partie de l’année.

C’est un grand succès avec un seul bombardier et le He-111, accompagné du Bf-108, met le cap au nord évitant les tirs anti-aériens des défenseurs surpris. Après quatre heures de vol, il fait nuit et Field One, l'aérodrome de l'oasis, est introuvable.
Les deux appareils se posent dans le désert et l'opérateur radio envoie un SOS signalant la position présumée à environ 120 km au sud d'Agedabia.

Le contact n’est établi que 48 heures plus tard et le général Frohlich ordonne une opération de sauvetage, mais une tempête de sable empêche toute intervention immédiate.

Le mardi 27 janvier, la dernière portion d’eau est distribuée quand, quelques minutes plus tard, apparait un avion de reconnaissance italien. "Nous reviendrons demain et vous apporterons le carburant. Field One n'est qu'à une demi-heure d'ici."

Le lendemain matin, un Ju-52 atterrit sans difficulté avec suffisamment de carburant pour retourner en toute sécurité à la base. La mission est terminée.

GB#4 Bf 108 B-2 Trop au 1/48 Eduard par Florent (Sonderkommando Blaich)

La reconnaissance blindée du 21 janvier se transforme rapidement en une offensive et Benghazi tombe aux mains des forces de l'Axe le 28 janvier. Elle se poursuit en direction du port fortifié de Tobrouk.

Allant de Gazala (48 km à l'ouest de Tobrouk) à l'ancienne forteresse turque de Bir Hakeim (80 km au sud de Tobrouk), le front est stabilisé le 4 février 1942, puis Rommel reprend l'offensive pour capturer Gazala.

Le 26 mai 1942, il attaque simultanément les positions britanniques et les Forces Françaises Libres retranchées à Bir Hakeim (la bataille de Bir Hakeim fait l'objet d'un épisode dédié).

La position de Gazala est tenue par 100 000 soldats, soutenue par 849 chars et une très forte artillerie. Mais il y a seulement 320 avions dont 200 utilisables immédiatement.
De leur côté, les forces de l'Axe peuvent compter sur des renforts frais arrivés de Tripoli en février et la capture des dépôts de Benghazi qui leur assure une logistique viable.

Le général britannique Neil Ritchie et son état-major durant la bataille, le 31 mai 1942

L'offensive (nom de code Venezia) combine l'emploi massif de forces blindées et d'infanterie. Alors que les Allemands progressent dans la ville, le 14 juin, les forces alliées battent en retraite et se retirent de Gazala. La ville est totalement occupée le 21 juin 1942.

Les pertes alliées sont très importantes : 35 000 capturés, 15 000 tués ou blessés et 1 188 chars mis hors de combat. En face, les pertes humaines restent relativement « modestes » (5 000 tués), mais les pertes matérielles sont lourdes : 400 chars sont détruits ou endommagés.

Suite à leur défaite, souhaitant protéger Alexandrie, Le Caire et le canal de Suez, les Alliés se replient sur une ligne défensive entre El Alamein, au bord de la mer, et la dépression de Qattara dans le désert.

Il s'agit de la dernière importante victoire de l'Axe sur le théâtre nord-africain, mais avec beaucoup de pertes en blindés qui manqueront terriblement dans les batailles ultérieures.

Episode 6: LA BATAILLE DE BIR HAKEIM (27 mai au 11 juin 1942)

La bataille de Bir Hakeim, du nom d'un point d'eau désaffecté au milieu du désert de Libye, au sud de Tobrouk, est la première contribution militaire d’importance des Forces françaises libres. Elle est pour beaucoup dans la reconnaissance politique par les Alliés du Comité national de la France combattante.

Pendant ces seize jours, la 1re brigade française libre (future 1re division française libre) du général Kœnig résiste aux attaques des armées motorisées italiennes et allemandes (l'Afrika Korps), plus nombreuses. Le répit ainsi gagné par les Français libres permet aux Britanniques, alors en mauvaise posture, de se replier.

L'offensive débute sous de bons augures, le général Kesselring avec son corps aérien, revenu du front de l'Est, opérant à partir des bases de Sicile, fixe au mieux Malte qui entrave le ravitaillement de l'AfrikaKorps.

De plus, des plongeurs italiens ont mis hors de combat deux cuirassés britanniques, ainsi qu'un cargo de la Royal Navy, en rade d'Alexandrie. Le ravitaillement et les renforts germano-italiens s'améliorent alors que les Britanniques sont contraints d'envoyer des troupes en Asie du Sud-Est pour contrer les Japonais.

L'Abwehr a percé les codes britanniques et peut déchiffrer les messages transmis aux attachés militaires américains qui regorgent de précisions sur le dispositif militaire britannique ; il a aussi infiltré un espion au Caire, Johannes Eppler (également connu sous le nom Hans Eppler, John Eppler et Hussein Gaafer) et bénéficie des moyens de surveillance radiotélégraphiques de la compagnie d'écoute (Horchabteilung).

Rommel, malgré des moyens très inférieurs en nombre possède l'initiative et ses troupes sont plus mobiles et plus aguerries dans le désert. Il choisit d'envelopper la ligne de front par le sud et de remonter au nord pour séparer en deux la 8e armée britannique du général Ritchie. Convaincu que les Allemands attaqueront directement Tobrouk, le général Ritchie y a déployé le gros de ses forces. Le flanc sud n'est couvert que par deux divisions et trois brigades dont la 1re brigade française libre commandée par le général Kœnig. Le piège semble pouvoir se refermer sur la 8e armée.

La 1re brigade française libre, composée de 3 700 hommes, est une unité hétérogène dont les deux tiers sont issus des colonies et territoires outre-mer. « Elle apparaît comme une étonnante synthèse de la France et de son empire ». Général Yves Gras

L'armement est hétéroclite, mais la grande majorité de l'artillerie est d'origine française, récupérée au Levant, dont 54 canons de 75 (30 utilisés en antichars) et 44 mortiers de 81 ou de 60. La garnison dispose au départ de dix jours de ravitaillement et de vingt mille obus de 75.

Le général Bernard Saint-Hillier décrit ainsi la position de Bir Hakeim:
« Simple croisement de pistes dans un désert aride, caillouteux et nu que balaient les vents de sable, Bir Hakeim est vu de partout. Le champ de bataille se caractérise en effet par une absence totale de couverts et d'obstacles naturels. La position englobe une légère ondulation sud-nord, que jalonne un ancien poste méhariste, sans valeur défensive, et, près d'un point coté 186, les deux mamelles, qui sont les déblais de deux anciennes citernes. À l'est de l'ondulation, une grande cuvette inclinée vers le nord. »

Le système défensif emploie massivement le marais de mines (très grande surface faiblement minée).

Dans la nuit du 26 mai 1942, Rommel lance le large mouvement de contournement prévu, au sud de Bir Hakeim. Tout en infligeant des pertes importantes aux allemands, les unités blindées britanniques qui résistent de façon improvisée et désordonnée subissent des pertes considérables.
Kœnig fait prendre à ses hommes leurs dispositions pour le combat.

Le 27 mai, à 9 h, la première attaque sur Bir Hakeim est le fait des Italiens en deux vagues successives mais ils sont contraints au repli en raison du tir de barrage de l'artillerie française, les blindés tombant dans les marais de mines ou étant détruits à bout portant par les canons de 75 mm.

La division Ariete est réduite à 33 chars en quarante-cinq minutes. Beaucoup de tirs des canons antichars ont lieu à 400, voire à 200 mètres mais les légionnaires n'ont pas perdu pied. Les Français n'ont que 2 blessés, un camion et un canon détruits.

Plus au nord, la 3e brigade indienne est anéantie et deux brigades britanniques doivent se replier sur Bir-el-Gobi et El Adem, laissant Bir Hakeim isolé.

Durant les journées suivantes, l’eau menace de manquer à la suite de l’arrivée de six cent vingt soldats indiens capturés puis abandonnés par les forces de l’Axe en pleine offensive, et de la présence de deux cent quarante-trois prisonniers. Le 31 mai, 50 camions de ravitaillement parviennent à Bir Hakeim, avec leur cargaison d'eau et repartent avec les « bouches inutiles ».

Un raid mené par le colonel Amilakvari, destiné à nettoyer les alentours avec les groupes mobiles Messmer, de Roux et de Sairigné, permet de détruire cinq chars ennemis et un atelier allemand de réparation de blindés.

Le bilan de la brigade FFL est alors de 41 chars détruits, 98 prisonniers allemands et 145 italiens pour 2 morts et 4 blessés.

Rommel qui ne peut laisser subsister sur ses arrières la menace d’une brigade alliée qui vient de prouver sa valeur doit stopper son avance, jusqu’à ce qu’il ait réduit le point d’appui français

Il renforce les divisions italiennes et fait bombarder à plusieurs reprises, le 1er juin, le camp retranché français. Le 2 juin, 2 officiers italiens demandent la reddition des français, mais le général Kœnig rejette leur ultimatum.

Le 3 juin, Rommel envoie un message écrit de sa main au général Kœnig :
« Aux troupes de Bir Hakeim. Toute résistance prolongée signifie une effusion de sang inutile. Vous subirez le même sort que les deux brigades anglaises de Got-el-Oualeb qui ont été détruites avant-hier. Nous cessons le combat si vous hissez des drapeaux blancs et si vous vous dirigez vers nous, sans armes. »

La seule réponse de la brigade FFL est une salve de canon du 1er régiment d'artillerie qui détruit quelques camions allemands. Les jours suivants, tous les assauts germano-italiens sont repoussés.

 

Rommel raconte :
« Une invitation à se rendre, portée aux assiégés par nos parlementaires, ayant été repoussée, l'attaque fut lancée vers midi, menée du nord-ouest par la division motorisée Trieste, et du sud-est par la 90e division motorisée allemande, contre les fortifications, les positions et les champs de mines établis par les troupes françaises. La bataille de juin commença par une préparation d'artillerie ; elle devait se poursuivre pendant dix jours durant et avec une violence peu commune. Pendant cette période, j'assumai moi-même, à plusieurs reprises, le commandement des troupes assaillantes. Sur le théâtre des opérations africaines, j'ai rarement vu combat plus acharné. »

Von Mellenthin, un des autres généraux allemands de l'Afrikakorps, déclarera plus tard « n'avoir jamais affronté, au cours de toute la guerre du désert, une défense aussi acharnée et héroïque ».

L'isolement de Kœnig est presque total. À partir du 6 juin, l'assaut proprement dit commence et l'encerclement est effectif au soir.

La journée du 7, le scénario est le même, les Allemands s'approchent encore de la position, mais les légionnaires, bien retranchés, contre toute attente, malgré le pilonnage incessant, la faim et la soif qui commencent à se faire sentir, refusent l'accès à leur fort.

La RAF intervient à quatre reprises en mitraillant les forces engagées dans le champ de mines.

Un dernier convoi arrive dans la nuit, il est guidé par l'aspirant Bellec, qui est passé à travers les lignes allemandes pour aller du camp retranché au convoi. Un brouillard couvre leur arrivée mais couvre aussi les préparatifs de Rommel qui a fait venir du renfort (chars lourds, canons de 88, pionniers du colonel Hacker, etc.)

Le matin du 8 juin, Rommel est fin prêt à lancer une nouvelle offensive. Il est impressionné par la résistance des Français, et écrit cela dans ses carnets : « Et pourtant, le lendemain, lorsque mes troupes repartirent, elles furent accueillies par un feu violent, dont l'intensité n'avait pas diminué depuis la veille. L'adversaire se terrait dans ses trous individuels, et restait invisible. Il me fallait Bir Hakeim, le sort de mon armée en dépendait. »

Dans son véhicule de commandement « Greif », le général Rommel mène personnellement l'attaque au nord, en lançant de sonores « Vorwärst ! », approchant au maximum les pièces de 88 mm et de 50 mm pour effectuer des tirs tendus sur les fortifications françaises.

GB#4: Sd.Kfz. 250/3 "GREIF" 1/35 Dragon par Davebond

La Luftwaffe intervient avec, entre autres, un raid de 42 Stukas qui touche le poste sanitaire de la brigade, tuant 17 blessés. Malgré les moyens engagés, les Français résistent toujours, le général Saint-Hillier raconte : « L'équipe de pièce d'un canon de 75 est volatilisée par un coup de 88 frappant l'alvéole ; le légionnaire survivant, la main arrachée, charge son 75 en s'aidant de son moignon, pointe son canon et touche le 88… »
Le général Hoffmann von Waldau, chef de l’aviation, se plaint de l’insuffisance des attaques terrestres qui rendent inutiles les pertes de la Luftwaffe. Les Français Libres ont reçu jusque là l’appui de 500 sorties de la R.A.F. et des F.A.F.L. Le maréchal Kesselring prévient Rommel que « cela ne peut durer ».

Au soir, seuls quelques endroits au nord du dispositif ont été entamés, le général Kœnig adresse un message à ses hommes. Il a été informé que le 10 juin serait le dernier jour à tenir et qu'ils pourront abandonner la position à l'ennemi le lendemain, les Britanniques ayant pu se réorganiser durant le temps où la 1re brigade française libre a bloqué l'Afrikakorps.

Voici son message : « Nous remplissons notre mission depuis quatorze nuits et quatorze jours. Je demande que ni les cadres ni la troupe ne se laissent aller à la fatigue. Plus les jours passeront, plus ce sera dur : cela n'est pas pour faire peur à la 1re brigade française libre. Que chacun bande ses énergies ! L'essentiel est de détruire l'ennemi chaque fois qu'il se présente à portée de tir ».

Pour le combat du lendemain, la brigade FFL, qui n'a pas été ravitaillée après les combats de la veille, ne dispose plus de munitions que pour la journée, les réserves d'eau sont quasiment épuisées. La RAF arrivera à fournir un ravitaillement aérien de 170 litres en eau qui servira surtout pour les blessés. La nourriture manque aussi.
Jusqu'à 9 h, le brouillard empêche les combats de commencer et permet aux équipes téléphonistes du capitaine Renard de rétablir les lignes avec les Britanniques.
Rommel, de son côté, a fait venir la 15e Panzerdivision

Dans la matinée, la situation est relativement calme, malgré quelques accrochages au nord-ouest entre le 66e régiment d'infanterie italien (appartenant à la division Trieste) et les hommes du lieutenant Bourgoin qui se battent à la grenade et les bombardements d'artillerie et d'aviation sur le camp de la part des Allemands.

À 13 h, 130 avions germano-italiens bombardent le côté nord du camp, l'infanterie allemande lance son attaque tout en étant couverte par la 15e Panzerdivision qui bombarde elle aussi fortement les Français. La 9e compagnie du capitaine Messmer est enfoncée, ainsi que le centre tenu par la section de l'aspirant Morvan ; malgré tout, la situation est rétablie grâce à une charge de Bren Carrier.

L'artillerie continue à pilonner les Français jusqu'à 21 h, heure à laquelle une nouvelle offensive est lancée mais de nouveau repoussée.

Du 2 au 10 juin, plus de 40 000 obus et une grande quantité de bombes tombent sur les Français, qui tirent 42 000 obus de 75.

Après cet ultime assaut de l'Afrikakorps, les Français prévoient d'abandonner la position qui n'est plus d'aucune utilité aux Britanniques

L’Afrika-Korps a été bloqué pendant de longues journées qui lui ont coûté cher et la Luftwaffe, après 1 400 sorties, est saignée, manque d’essence et doit se rationner… Bir Hakeim, première victoire stratégique française, est aussi une victoire aérienne dont l’influence ne se limite pas au seul champ de bataille de la Méditerranée. Ayant subi à Bir Hakeim un revers majeur infligé par les forces de la France Libre commandées par le général Koenig, Rommel raconte :

« Le 11 juin 1942, la garnison française devait recevoir le coup de grâce. Malheureusement pour nous, les Français n'attendirent pas. En dépit des mesures de sécurité que nous avions prises, ils réussirent à quitter la forteresse, commandés par leur chef, le général Kœnig, et à sauver une partie importante de leurs effectifs. À la faveur de l'obscurité, ils s'échappèrent vers l'ouest et rejoignirent la 7e brigade anglaise. Plus tard, on constata qu'à l'endroit où s'était opérée cette sortie, l'encerclement n'avait pas été réalisé conformément aux ordres reçus. Une fois de plus, la preuve était faite qu'un chef français, décidé à ne pas jeter le fusil après la mire à la première occasion, peut réaliser des miracles, même si la situation est apparemment désespérée. Dans la matinée, je visitais la forteresse, théâtre de furieux combats ; nous avions attendu sa chute avec impatience. Les travaux de fortification autour de Bir Hakeim comprenaient, entre autres, 1 200 emplacements de combat, tant pour l'infanterie que pour les armes lourdes ».

 

 

 

 

 

 

Episade 7: LA PREMIERE BATAILLE D’EL ALAMEIN (du 1er au 27 juillet 1942)

Faut-il prendre Malte d’abord, avant d’attaquer la Cyrénaïque ?

Le maréchal Kesselring, surnommé « Albert le souriant » par les Alliés et « oncle Albert » par ses hommes, est généralissime du front sud depuis le 28 novembre 1941. Il est en profond désaccord avec Rommel.

Kesselring est parvenu à neutraliser Malte qui servait de base aérienne et navale pour les Britanniques. Sans le ravitaillement et en particulier le pétrole acheminé par les convois, les forces de l'Axe en Afrique du Nord ne peuvent mener leurs opérations.

Kesselring veut envahir Malte d’abord (opération Herkules) : l’île est un porte-avions qui entrave son ravitaillement et menace l’Afrika-Korps dans le dos

Le Maréchal ajoute : « La Lutwaffe a besoin de repos ; les pilotes n’en peuvent plus, les appareils doivent être révisés ».
Il précise : « En tant qu’aviateur, je considère que c’est une folie de donner tête baissée contre des bases aériennes intactes ! »

Les Stuka manquent sur Malte car la résistance de Bir-Hakeim a obligé à les rameuter et ils ont subi de lourdes pertes malgré la supériorité aérienne de la chasse allemande équipée du Bf 109 F.

En deux mois, Joachin Marseille, surnommé « Der Stern von Afrika » (L'étoile d'Afrique), remporte sur cet appareil plus de 50 victoires homologuées.

GB#4: BF109 F4 Trop 1/48 Eduard par Eric29 :

GB#4: Bf.109 F4 Trop 1/48 eduard par Closter

 

Malte, verrou de l’Est méditerranéen, serait la sagesse, mais la Cyrénaïque est, peut-être, le prestige de l’entrée victorieuse en Égypte : Alexandrie avant La Valette, c’est mieux que ne fît Bonaparte !

« Nous devons rassembler toutes nos forces, surtout celles de la Lutwaffe, sur le point d’effort principal, ici, l’Égypte ! »
Rommel, qui envisage une vaste opération vers l’Oural en remontant par le Moyen-Orient, veut sa « Victoire des Pyramides », que la résistance des Français libres à Bir-Hakeim lui a fait désespérer d’entrevoir. Il n’est que plus ferme à vouloir poursuivre les Britanniques désorganisés par son avance…

Mussolini, qui se voit faisant son entrée triomphale d’empereur romain au Caire, sur le cheval blanc déjà prêt, soutient le général Rommel.

Le 21 juin, Rommel entre à Tobrouk, tombée en vingt-quatre heures avec ses approvisionnements.
Hitler réagit, et par télégramme interdit au maréchal Kesselring d’intervenir dans les plans du général Rommel.

Rommel voit son point de vue triompher. Le sort du front Sud est jeté et, à la lumière de l’histoire, celui des fronts européens Est et Ouest !

L'attaque est initialement couronnée de succès, mais comme l'avait prédit Kesselring, les problèmes logistiques s'accroissent. Le 26 juin, à Sidi-Barani, la 27e escadre de chasse se bat le ventre vide et se ravitaille par ses propres moyens à un unique camion-citerne ! Le 28 juin, à Fouka, des groupes entiers restent cloués au sol, faute de carburant !

Le chef d’escadre de Marseille écrit :
« Cette poursuite se fait sous le signe de l’épuisement. Avec les déficiences de notre infrastructure, nous ne parvenons plus à suivre… »

Parallèlement, la RAF se renforce de jour en jour ; les Spitfire sont de plus en plus présents depuis Bir Hakeim.

GB#4 Spitfire MKVb Trop 1/48 de Tamiya par Sébastien Louÿs

Entre le 26 mai et le 3 juillet 1942, les germano-italiens capturent 60 000 britanniques et détruisent ou prennent plus de 2 000 blindés, mais la limite sud de l’offensive est marquée par la dépression de Qattara impraticable par les chars en raison de ses caractéristiques spécifiques (lacs salés, hautes falaises, escarpements et fech-fech), ce qui signifie que la position britannique ne peut pas être débordée.

Arrivées à proximité des positions alliées hâtivement montées autour d'El Alamein le 30 juin au soir, les unités italo-allemandes sont épuisées. Rommel veut attaquer au plus tôt ! Les bombardiers ne peuvent prendre l’air à cause d’une tempête de sable.

L'usure et la fatigue retardent l'offensive au matin du 1er juillet et la première attaque d’El Alamein voit l’effondrement de l’Afrika-Korps. Le soir, l'offensive de Rommel est stoppée.

Les jours suivants, les attaques allemandes sont bloquées et le général Auchinleck contre-attaque systématiquement. À partir du 3 juillet, Rommel passe à la défensive.

Auchinleck passe à plusieurs reprises près de la victoire, mais ses unités sont, elles aussi, fragiles, subissant notamment la domination tactique des forces de l'Axe.

Au nord du dispositif, les alliés, sûrs de leur supériorité numérique et technologique, se lancent à l'attaque le 10 juillet ; l'intervention de la 15e Panzerdivision et de la division Littorio rétablit l'équilibre des forces. C'est lors de cette attaque australienne que Rommel perd son unité d'interception des messages radio britanniques, le privant d'une source vitale de renseignement.

Rommel tente aussi une offensive le 13 juillet, mais doit renoncer. Malgré tout, la résistance de l'Axe qui se bat à un contre trois face aux hommes du général Auchinleck est un cuisant échec pour celui-ci. Le point faible du dispositif de l'axe est le secteur au nord tenu par les Italiens mis en déroute le 17 juillet. Rommel réussit à colmater le front avec ses réserves.

Après le dernier échec le 21 juillet, Auchinleck lui aussi renonce et ordonne de se fortifier.

C'est la fin de la première bataille d'El Alamein, qui voit Rommel échouer aux portes de la vallée du Nil, alors que ses troupes sont éloignées de ses bases logistiques (ports de Tripoli, Benghazi et Tobrouk), et que ses lignes de ravitaillement demeurent menacées par les attaques aéronavales britanniques lancées depuis Malte.

Churchill, en connaissant l'état des troupes allemandes, est littéralement consterné par les échecs britanniques :

« Nos forces étaient supérieures à celles de l'Axe. Nous avions plus de 100 000 hommes, eux moins de 90 000. Notre artillerie était plus forte dans une proportion de trois contre un, de même que pour les chars, et nous avions en ligne de nouveaux obusiers. Malgré cela, Tobrouk est tombé au bout d'une petite journée de combat. C'est un désastre. Nous nous sommes ensuite repliés jusqu'à Marsa-Matruh, mettant 190 km de désert entre notre 8e armée et les forces ennemies. À peine cinq jours plus tard, les germano-italiens arrivaient devant notre nouvelle position, et il nous faut décrocher, pénétrer toujours plus en Égypte, reculer encore. El Alamein devra être tenu jusqu'à la mort. »

Un autre commandant sur le terrain est nécessaire et dès le mois d'août, Winston Churchill décide à la suite de sa visite de remplacer Claude Auchinleck.

Alan Brooke persuade le premier ministre de nommer Montgomery connu aussi sous son surnom « Monty »

Episode 8: LA BATAILLE D’ALAM EL HALFAT (fin août 1942)

Montgomery s'empare du commandement deux jours plus tôt que la date prévue (le 13 août 1942) et décide de renforcer immédiatement la position stratégique de Alam Halfa

Il réussit à rénover le fonctionnement de la 8e armée et à transformer le moral des troupes Il regroupe le commandement de l'armée de l'air et de terre en une seule entité et ordonne la destruction de tous les documents et plans relatifs à une éventuelle retraite.

Il veille à apparaître le plus souvent possible au sein de la troupe, en rendant souvent visite à ses unités afin de se faire connaître.

Avant son arrivée, les unités de la 8e armée ont tendance à travailler séparément et à mener leurs propres batailles. Montgomery décide de mettre un terme à cette désorganisation et fait en sorte que les unités tirent sur la même corde.

« Le maréchal Rommel souffre d'un catarrhe de l'estomac et des intestins, de diphtérie nasale et de troubles circulatoires. Il n'est pas en état d'exercer son commandement au cours de la prochaine offensive. » Ce constat de son médecin personnel (le professeur Horster) amène Rommel à solliciter son évacuation sanitaire vers l'Allemagne.

Il propose alors d'être remplacé par Guderian, mais l'OKW préfère confier le commandement de la Panzerarmee Afrika au Maréchal Kesselring.
Rommel refuse et reste donc à son poste.

L'été, chaud, empêche les grandes opérations. Mais À ce moment, Erwin Rommel doit, soit attaquer avant l'arrivée des renforts, soit laisser l'initiative aux Britanniques et aux Alliés.

Le Renard du désert décide d'attaquer le 30 août. Rommel réclame des munitions et de l'essence, mais les raids anglais envoyés de Malte diminuent terriblement le ravitaillement des forces de l'Axe en Afrique. La Luftwaffe, quant à elle, dispose de 229 bombardiers stationnés en Crète et 720 appareils divers en Afrique. Au total, cela fait 950 avions. L'aviation italienne s'occupe de son côté de Malte.

Rommel veut démarrer son offensive au sud du dispositif défensif des Britanniques, espérant ainsi remonter vers la mer et encercler le gros des troupes ennemies.

Le plan de Rommel est que les 10 et 21e Korps soutenus par la brigade aéroportée Ramcke doivent tenir le front nord. Des raids devront faire croire à l'adversaire que l'offensive se déroulera sur cette partie du front, l'attaque principale sera lancée plus au sud.

L'offensive se déroulera de nuit et ses divisions devront percer en moins de 7 heures, c'est-à-dire faire 45 km en territoire ennemi et miné.
La bataille d'Alam el Halfa est menée pour tenter de forcer les lignes britanniques et pouvoir conquérir l'Égypte tout entière.

Des reconnaissances de la RAF ont signalé à Montgomery les préparatifs allemands. De fait, le commandement britannique met en place un puissant dispositif défensif pour parer à l'offensive adverse. Au nord, le 30e corps tiendra le front avec en réserve la 23e brigade blindée, le 13e corps devant défendre le front sud.

Le général Horrocks, qui dirige le 13e corps, enterre une partie de ses chars pour limiter les pertes ; il remplace le général Gott, mort dans un accident d'avion, il est mal vu par certains généraux et par Winston Churchill, notamment du fait de sa jeunesse (47 ans).

Le soir de l'attaque, les aviateurs britanniques surprennent les Allemands et les bombardent blessant le général Nehring. La confusion qui suit est accrue par la présence de champs de mines. Ces derniers sont très élaborés et les Britanniques tirent sans discontinuer sur les équipes de déminage.

De plus, le général von Bismarck, qui commande la 21e division de Panzer, est tué par un mortier.

Ainsi, à l'aube, les Allemands sont toujours dans le champ de mines.

Malgré les doutes qui envahissent Rommel, Bayerlein (qui remplace Nehring) le convainc de continuer l'attaque. Cependant, le mouvement d'encerclement total échoue et cela va conduire les Allemands à se jeter sur les positions défensives britanniques les plus importantes.
Les Britanniques, qui ont aménagé leurs positions, subissent très peu de pertes et peuvent compter sur un soutien aérien très efficace.

Seule la 15e Panzerdivision lance l'assaut droit sur les Britanniques qui ont disposé plus de 400 chars sur la crête. Les combats se déroulent sous un soleil de plomb, la température atteint régulièrement les 55°C.

L'échec de l'offensive était prévisible et, au soir du 1er septembre, ils ne disposent que d'un jour de carburant. L’ordre de repli est donné, sachant qu'une attaque britannique pourrait détruire leurs forces blindées.

Curieusement, à l'exception de quelques harcèlements de la part des alliés, Montgomery campe sur ses positions.
En fait, pour préserver ses chars, Montgomery n'envoie que les fantassins de la 132nd Infantry Brigade et de la 5th New Zealand Brigade pour tenter de couper la route aux Allemands. Seuls deux escadrons de Valentine les soutiennent.

Les Allemands s'étant repliés à l'ouest du champ de mines, l'assaut est un échec et au soir du 2 septembre, les fantassins sont à la merci d'une contre-attaque. À la nuit tombée, ils finissent par se replier.

Mais les Allemands continuent à subir les assauts de l'aviation et ils se replient à 10 km à l'est de leurs lignes de départ.
Le 5 septembre marque la fin de l'ultime offensive allemande en Afrique. En tout, les Allemands ont perdu 38 chars et les Italiens 67 chars.
Les Britanniques ont perdu 31 Grant, 21 Valentine ainsi que quelques Stuart, Crusader et Matilda, pour qui c'était la dernière bataille. Cela fait un total de 49 chars détruits.

Pour la première fois, ils perdent moins de chars que leurs ennemis : la bataille est une victoire défensive britannique entachée par le manque d'allant de Montgomery qui aurait pu détruire les forces allemandes en plein repli. Cependant, les troupes de la 8e armée britannique ne lui semblaient pas assez entraînées pour un assaut, ce que semble prouver l'échec de l'infanterie.

Rommel ne parvient pas à contourner les défenses Alliées au sud d'El Alamein en perçant les positions sur la crête d'Alam el-Halfa.
Cette bataille constitue la dernière tentative des forces de l'Axe pour tenter d'obtenir la décision en Afrique.
Hitler ne réussira pas à faire la jonction entre la Panzerarmee Afrika et les forces du front de l'Est au Proche-Orient.

Ainsi, la bataille d'Alam el Halfa illustre la perte de l'initiative pour les Allemands et le 30 septembre suivant disparaît le célèbre Hans-Joachim Marseille « l’étoile d’Afrique » qui se tue en évacuant son 109 en panne moteur. Il a 22 ans.

Troisième pilote allemand à franchir la barre des 150 victoires (158), il détient aussi le nombre record d'avions alliés occidentaux abattus par un seul pilote en une seule sortie le 1er septembre 1942 : 17 avions alliés incluant 8 avions détruits en dix minutes.

À la suite de cet exploit, un Volkswagen Kübelwagen lui est offert par un escadron de la Regia Aeronautica, sur lequel ses camarades italiens peignent le mot « Otto » (« huit » en italien).

GB#4: Kübelwagen Type82 Africa corps 1/35 Tamiya de Kinesub

Episode 9: LA SECONDE BATAILLE D’EL ALAMEIN (fin octobre à début novembre 1942)

La domination de la mer Méditerranée par la Royal Navy empêche le ravitaillement efficace de l'Afrikakorps (DAK). Perdant de fait l'initiative, Rommel doit se résoudre à la défensive, où il est moins efficace que dans l'offensive.

Montgomery, après avoir repoussé en septembre la dernière offensive du « Renard du désert » à Alam el Halfa, prépare la grande contre-offensive en vue de chasser les Germano-Italiens d'Afrique qui menacent depuis plus de six mois la ville d'Alexandrie et le canal de Suez.

Le 22 septembre 1942, Rommel, malade, confie le commandement du DAK au général Georg Stumme. Le lendemain, Rommel décolle de Derna à destination de Rome où il doit rencontrer Mussolini. À Berlin il s'entretient avec le Führer, puis part pour le centre d'hospitalisation du Semmering à proximité de Wiener Neustadt.

À ce moment-là, Hitler ne pense aucunement renvoyer Rommel en Libye mais plutôt sur le front russe.

Début octobre 1942, Rommel se rend de nouveau à Berlin annoncer que l'Afrika Korps atteindra bientôt Alexandrie sans toutefois cacher les problèmes de ravitaillement et les difficultés de la progression. Son moral est d'ailleurs remonté à la suite de la promesse de Hitler de lui envoyer très rapidement des chars Tigre I dont il vient de voir le prototype.

En Afrique, l'armée alliée renforce ses positions et en particulier celle d'El-Alamein.
De plus, les combats continuent et ce sont en grande partie les Italiens qui en supportent le poids.

La chaleur intenable et les maladies (dysenterie, insolations, scorbut…) font des ravages dans les rangs italiens et les armées alliées, lesquelles ne cessent d'attaquer la position. Côté britannique, plusieurs mutineries ont lieu, dont celle des troupes australiennes qui refusent tout simplement de retourner à l'assaut.

L’opération Lightfoot

Les forces de l'Axe, contrairement à leurs habitudes (surtout pour les Allemands) se préparent à défendre leurs positions. Rommel, peu avant son départ, s'est efforcé de mêler entre elles les forces allemandes et italiennes. Il craint une attaque au sud et dispose sa défense en profondeur pour rendre les tirs de barrage britanniques inefficaces.

Les Allemands disposent en tout de 90 000 hommes dont 69 000 combattants et 242 chars, les Italiens de 146 000 hommes dont 50% de combattants et 323 chars, soit un total pour l'Axe de 565 chars. 22 sont en réparation.

Montgomery aligne 220 000 hommes incluant ceux de la 1re brigade française libre, dispose de 1 029 chars dont des Sherman M4, modernes, bien armés, capables de rivaliser avec le Panzer IV ; 200 sont en réserve et près de 1 000 en réparation.

La différence est considérable, mais il en a toujours été ainsi. L'artillerie alliée comporte 2 000 canons contre 550 canons de campagne et 850 canons antichars pour les Allemands.

Pour percer le front, Montgomery prévoit une attaque au nord où les champs de mines sont extrêmement profonds et constituent un obstacle de taille. Une diversion est prévue au sud, la limite étant marquée par la dépression de Qattara toujours impraticable.
Monty veut faire subir aux Germano-Italiens des pertes bien supérieures aux siennes, ce qui ne s'est quasiment jamais produit. La victoire de l'infanterie est un préalable à l'engagement des chars !..

Le 23 octobre, les bombardements et les tirs de l'artillerie doivent permettre aux fantassins de quatre divisions de sortir de leurs positions. Très vite, le génie s'attelle à ouvrir des passages dans les champs de mines afin que la 23rd Armoured Brigade progresse et soutienne l'infanterie.

Tout au nord, les Australiens, malgré des pertes parfois élevées, remplissent partiellement les objectifs assignés. Sur leur flanc gauche, la 51st Highland Division a bien du mal à avancer. L'ancienne unité d'élite est totalement changée et les charges se font à l'écossaise, cornemuse en tête.

La division a comme objectif la Red Line. Ensuite, d'autres unités doivent continuer l'assaut. Mais seule une compagnie atteint ses objectifs au matin du 24 octobre.

Plus au sud, la 164e division d'infanterie allemande empêche toute progression. Les fantassins Sud-Africains sont de plus bloqués par un champ de mines imprévu.

Dès 3 h du matin, la 9th Armoured Brigade avance mais est bloquée par un champ de mines et par les Matilda Scorpions qui sautent sur les charges explosives enterrées qu'ils doivent détruire. Certains chars arrivent néanmoins à conquérir la crête de Miteiriya avant de perdre six Sherman toujours à cause des mines.

Sur le front écossais, les chars tentent de traverser le même type de barrage défensif à travers des couloirs de huit mètres de large battus par l'artillerie allemande et les canons antichars. Les Alliés sont déjà en difficulté.

Sur le front néo-zélandais, la progression d’abord aisée bute aussi sur un champ miné qui n'apparaît pas sur les cartes et ils doivent affronter à la lumière du jour les positions défensives très bien placées des Germanos-Italiens. Dans la confusion du repli, 16 blindés sautent sur les mines. Les 88 mm allemands occasionnent tant de pertes au sein du 47th RTR (Royal Tank Regiment) qu'il doit être dissout.

Au soir du 24 octobre, les généraux britanniques savent que l'opération n'a aucune chance de déboucher sur un succès. En fait, il n'y a qu'au sud que le 13th Corps réussit sa mission, immobiliser les forces ennemies. Le front allemand n'a nullement été percé et les pertes des Britanniques et de leurs alliés commencent à être lourdes.

Du côté allemand, en attendant le retour imminent de Rommel, il est ordonné à la 15e Panzerdivision de reprendre le terrain cédé à l'ennemi. De plus, il est possible de rappeler la 21e Panzerdivision et la division blindée Ariete retenues jusque-là au sud, l'effort britannique n'étant plus très important.

Dès la fin de la journée du 24 octobre, la 15e division blindée allemande contre-attaque. Les bombardiers allemands et canons antichars tirent sur les blindés britanniques qui ne peuvent avancer. Après des hésitations, le général Gatehouse demande à Montgomery l'autorisation de replier ses blindés.

Le chef de la 8th Army convoque alors Lumdsen, le chef du Xe corps à 3 h du matin et lui demande de poursuivre l'attaque ou d'accepter que les chefs de l'Arme blindée soient remplacés. Les blindés tiennent leurs positions, mais c'est un massacre, des dizaines de Grant et Sherman sont détruits.

À la suite de cet échec, les Britanniques doutent : comment ont-ils pu échouer avec une telle supériorité numérique ?

L’opération Supercharge

Le 25 octobre, Rommel, de retour en Afrique, reprend le commandement de son armée. La 15e Panzerdivision compte 31 chars en état (119 au départ), la 21e Panzerdivision compte 98 panzers sur 106 le 23 octobre. La division Ariete n'a perdu que deux chars et la Littorio en a perdu 56.
Pour les Britanniques, les pertes s'élèvent à 215 chars et 38 autres véhicules blindés, ce qui est largement supérieur aux pertes de l'Axe. Cependant, ils peuvent compter sur de substantiels renforts.

Dans ses carnets, Rommel semble pessimiste et évoque même à demi-mot sa propre mort :
« Durant ces brèves semaines passées à la maison, j'ai vraiment senti ce que vous et Manfred représentez pour moi. Ma dernière pensée est pour vous deux ».

Pendant ce temps, Montgomery met en place un nouveau plan et l'offensive aura encore lieu au nord. A l'exception des Australiens qui mènent une guerre d'usure, plus personne ne se bat. Le front sud est de plus en plus déserté, d’importants effectifs étant retirés pour renforcer le nord.

C'est aux Français du général Pierre Kœnig de tenir l'extrême sud du front, face aux parachutistes de la brigade Ramcke, mais l'arrivée massive de renforts allemands incite Montgomery à attaquer un peu plus au sud, au niveau des positions italiennes.

Le but est d’envelopper les unités allemandes présentes plus au nord grâce à la piste de Sidi Abd el Rahman tandis que les Australiens attaqueront le saillant existant à la suite de l'opération Lighfoot. 6 brigades sont chargées de percer sur quatre kilomètres les défenses ennemies afin d'atteindre la piste de Rahman et la crête d'Aqaqir. Au sud, la 133e brigade et au nord le 22e bataillon maori attaqueront sur les flancs.

À cette époque, les compétences du bataillon maori avec la baïonnette leur ont valu la réputation de "chasseurs de scalp" parmi les commandants allemands, y compris Rommel.

Contrairement à Lightfoot, après un long tir d’artillerie et le pilonnage des bombardiers, les blindés seront engagés plus tôt car l'infanterie a déjà subi des pertes substantielles. Ainsi, la 9th Brigade devra attaquer les positions d'artillerie adverses, ce qui risque d'engendrer des pertes énormes, mais Montgomery se dit prêt à accepter des pertes de 100 %.

L'offensive australienne commence par l'assaut d'un poste appelé Thompson Post défendu par le 125e régiment d'infanterie allemand et le 11e bataillon de Bersaglieri. Il est composé de tranchées abritant des nids de mitrailleuses et couvertes par un champ de mines. Une des deux collines à proximité du poste lui-même est prise sans riposte peu avant le lever du jour, ce qui interrompt l'offensive.

La nuit du 30 au 31 octobre, les Australiens arrivent avec l'aide de l'artillerie au pied de Thompson Post, mais subissent le feu nourri de l'artillerie allemande. Les fantassins sont tués par les obus de mortiers, les mitrailleuses et les mines. Devant la confusion qui s'ensuit, le repli est ordonné.
Rommel continue pour tenir le saillant à y envoyer des armes antichars et lance le 31 octobre une contre-attaque qui ravage les chars de la 23rd Brigade. Durant la nuit, les Allemands réussiront finalement à repousser les Australiens plus au sud.

Le 1er novembre, le début de l'attaque se déroule sans difficultés pour les Alliés, les défenses ennemies ayant été terriblement affaiblies par le pilonnage de l'aviation et de l'artillerie. Les pertes les plus lourdes ont lieu au centre, les unités allemandes et italiennes ne se repliant pas.
Les objectifs sont atteints à l'heure et la 9th Armoured Brigade est prête mais une certaine confusion dans l'unité fait que seuls 94 chars sur 132 arrivent à attaquer !.. La nuit se termine bientôt et les chars vont être repérables. Progressant légèrement en arrière du barrage d'artillerie, les Britanniques approchent de la piste du Télégraphe.

Les Allemands détruisent néanmoins les camions alliés, ce qui empêche l'infanterie de soutenir les blindés. Peu après 6 h, les Britanniques ont entamé les positions allemandes malgré (comme toujours) la présence de mines mais dès que le jour fait son apparition, les Allemands peuvent régler leurs tirs et provoquent une hécatombe de différents chars britanniques. Les Crusader au canon de 40 mm sont les premiers à succomber, leur armement étant bien trop léger.

Sous le feu des canons antichars allemands et italiens (il y a des 88 mm), la brigade blindée subit très vite des pertes importantes tout en encaissant la contre-offensive des blindés des 15e et 21e divisions de Panzer.
Les rares survivants britanniques se replient ; sur les 94 chars de l'attaque, 75 sont détruits.

L'attaque du 2 novembre.

La 2nd Armoured Brigade doit conquérir la crête d'Aqaqir, mais elle est en retard. Le chemin qui mène à la crête est encombré de véhicules en tout genre. Les survivants de la 9th brigade les informent du massacre qu'ils ont subi. De son côté, Rommel n'est pas optimiste, il estime que sa contre-attaque n'est pas suffisante.

Après une longue hésitation, les Britanniques décident de ne pas lancer à l'assaut la 2nd Armoured Brigade contrairement aux ordres de Montgomery. Lumsden, chef du 10e corps, ne peut se résoudre à accepter un nouveau massacre. Cet amoncellement de véhicules alliés bloqués incite Rommel à les frapper avec ses derniers blindés et l'aviation, mais la RAF a la maîtrise du ciel. Rommel rappelle la division Ariete et le 125e régiment de PanzerGrenadier. Les Britanniques n'avancent pas et subissent de lourdes pertes mais, dans cette guerre d'usure, le gagnant n'est pas celui qui perce ou qui résiste mais bien celui qui a le plus de réserves.

Or, les Allemands se retrouvent bientôt à court de munitions et d'essence, le ravitaillement par voie maritime est très faible, la Royal Navy est maîtresse des mers. A force d'être engagés, il ne reste plus à la fin du 2 novembre que 35 Panzer disponibles, plus ceux en réparation.
Les Britanniques, malgré la perte de plus de 150 chars, ont des réserves importantes qui excèdent de loin les effectifs allemands.

Rommel, privé de ses réserves, ne peut contre-attaquer et doit penser à se replier en comptant sur la lenteur de réaction des Britanniques. Il faut non seulement abandonner El Alamein, mais s'il veut sauver l'Afrikakorps, il doit se replier en Europe. Pour Hitler, une telle proposition est inacceptable. Il ordonne à Rommel de tenir ses positions. Hésitant, il obéit finalement.

Face à ce début de repli, l'aviation allemande fait tout son possible pour empêcher les bombardiers de la RAF de bombarder les colonnes en repli. Toutefois, dans les airs, la RAF a définitivement pris le contrôle malgré le déploiement en Afrique des Fw190

GB#4 FW190A-5 Trop 1/48 Eduard Nico22 :

Les britanniques s’engouffrent dans le saillant ouvert pour encercler une partie des forces de Rommel. Mais il est trop tard, les Allemands ont commencé à se replier.

La poursuite

Le repli de l'Afrikakorps est inévitable. Les 100 chars M13/40 obsolètes de la division Ariete sont les derniers blindés de Rommel.

Les Britanniques, malgré des pertes avoisinant les 500 chars, conservent encore 600 chars.

À l'aube du 4 novembre, la 2e brigade blindée s'avance vers les défenses allemandes à l'ouest de la crête d'Aqaqir. Les troupes allemandes sont commandées par le général von Thoma qui utilise ses derniers 88 pour détruire quelques chars adverses. Les blindés alliés rencontrent alors la résistance d'un Panzer III qui finit par se rendre.

Le général von Thoma, capturé à bord de ce char, est amené au général Montgomery.

Le front est percé, les chars alliés surgissent sur les arrières de l'Axe.

Une brèche de 20 kilomètres menace de destruction les troupes situées au sud. Rommel ne peut se résoudre à tenir, mais il hésite encore. A 15 h 30 le 4 novembre, c'est finalement Kesselring qui ordonne à l'ensemble des forces de l'Axe de se replier.

Au nord, on s'enfuit par camions, mais, au sud, les éléments motorisés sont rares. Une nouvelle fois, Rommel compte sur la lenteur des Britanniques.

Ainsi, au soir du 4 novembre, les troupes alliées bivouaquent au lieu de poursuivre leur adversaire !.. Lorsque des renseignements arrivent au QG de la 8e armée, l'état-major décide de poursuivre l'Afrikakorps à partir du 5 novembre en direction de la côte pour capturer les troupes allemandes.

Arrivé à Fouka, Rommel ne trouve aucune position défensive ; il décide de battre en retraite jusqu'à Marsa Matruh. Au matin du 6 novembre, la situation de la Panzerarmee est tragique. Il n'y a plus que douze panzers en état de combattre. Les Italiens mènent des combats d'arrière-garde et beaucoup d'unités sont dispersées. Les Allemands, par contre, gardent un semblant d'ordre.

La 21e Panzerdivision tombe en panne sèche durant sa fuite vers Marsa Matruh ; les Allemands sabordent leurs chars et seuls les véhicules légers continuent à se replier.

À Marsa Matruh, c'est une lutte pour savoir qui aura de l'essence mais à Benghazi, 4 000 tonnes de carburants viennent d'arriver par mer (un exploit). Malgré des pertes dues à l'aviation, la moitié arrive à Solloum.

Le 8 novembre 1942, la Panzerarmee Afrika se replie vers Solloum en passant par les cols de Halfaya, ce qui signifie un ralentissement dans le retrait. À son arrivée, Rommel ne compte plus que sur 2 000 soldats allemands, à peine plus d'Italiens, 15 canons antichars, même pas 50 canons de campagne. La réserve se compose de 3 500 soldats dont 500 Italiens. Les forces blindées se composent de onze panzers et dix chars italiens. Enfin, la réserve en artillerie se compose de 75 canons de tous types.

Voilà ce qui reste de la glorieuse armée d'Afrique !

Elle ne doit son salut qu'à la lenteur des Britanniques qui ne pourront surprendre les troupes de Rommel dans le passage de Halfaya.
À l'aube du 9 novembre, l'ensemble des troupes est passé, la 90e division légère en débouche à midi. Les sapeurs du général Bülowius (en) sont les derniers à passer et font sauter la route. À la fin de la journée, les avant-gardes britanniques arrivent mais tombent sur une route impraticable et quelques mines qui détruisent des chars. Plusieurs jours sont nécessaires pour remettre la route en état.

Rommel pense déjà à battre en retraite en Tunisie car le même jour, l'opération Torch a été déclenchée et les Anglo-Saxons vont bientôt arriver de l'ouest pour bloquer la route aux dernières troupes.

Bilan

Au terme d'une longue bataille et malgré des pertes excédant les 500 chars, Montgomery a pu, grâce à ses réserves, percer le front de Rommel qui ne disposait pas de plus de 100 panzers. Le ravitaillement étant coupé par le « porte-avions » maltais, la logistique ne pourra suivre Rommel dans son ultime tentative de résistance.
Montgomery devant son char Grant personnel est sur le point de devenir mondialement célèbre.

Cette victoire alliée marque un tournant important et certains historiens estiment que la bataille d'El Alamein est l'une des victoires majeures qui ont contribué à la victoire alliée en Afrique du Nord, mais aussi à la victoire finale.
Winston Churchill résume cette bataille dans les termes suivants :

« Ce n'est pas la fin, ni même le commencement de la fin. Mais c'est peut-être la fin du commencement ».

 

 

Suivre René-Luc Aubry:
Très tôt, je suis émerveillé par l'aviation et l’astronautique ; j’ai 9 ans quand Amstrong pose le pied sur la lune en 1969. Découvert dans un grenier, le "Le Grand Cirque" de notre As national Pierre Clostermann est un véritable révélateur (avec les BD « Rapaces ») et, comme les copains de mon âge, je monte des avions de la seconde guerre mondiale au 1/72 (que sont-ils devenus ??). Enfant puis adolescent, je dévore tout ce qui concerne l’aviation de cette période avec une soif insatiable. La vie active m’éloigne de tout cela, mais à 30 ans, je découvre l’échelle 1/48 grâce à un ami. C’est un premier réveil ! Je me lance avec le CORSAIR de Papy Boyington (Ah.. les têtes brûlées) ainsi qu’un A6M5c ZERO, tous deux peints au pinceau. Parallèlement, j’accumule une documentation papier très importante (internet n'existe pas). J’achète des boîtes, du matériel et j’investis même dans un aérographe et un compresseur, mais la vie privée et surtout professionnelle me rattrape presqu’aussitôt et m’éloigne du maquettisme pendant de nombreuses années. Avec l’arrivée dans les foyers de l’ordinateur et des simulateurs de vol, mon intérêt pour l’aviation, les pilotes et plus généralement pour l’histoire se confirme, se développe encore. A 45 ans, je réalise l’un de mes rêves et me retrouve un jour seul aux commandes d’un Cessna. Puis, en 2018, je découvre « Plastikdream » avec un autre « Clostermann ». C’est le second réveil ! Quelle chance de pouvoir partager ainsi en images les conseils, les expériences, des méthodes nouvelles pour moi, et tout cela dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Je ressors les maquettes, le matériel, la documentation restés dans des cartons pendant 25 ans et j’investis. Je retrouve soudain l’enfant enfoui en moi avec une réelle excitation, mais surtout une intense émotion. C’est décidé, je vais revivre à fond ma passion. Depuis, je connais une belle aventure. J’apprends beaucoup et m’évertue à m’améliorer tout en essayant de transmettre mon vif intérêt pour l’histoire qui entoure un modèle ; le montage se trouve, selon moi, transcendé, infiniment plus passionnant ; j’allais écrire : plus vivant. J’ai imaginé le concept « d’historico-montage » qui permet de voir, de ressentir l’appareil réalisé bien différemment, le devinant dans son contexte historique, géographique, supposant la vie de son pilote, notant au passage le petit détail qui confèrera un plus grand réalisme au modèle. En conclusion, je tiens à remercier vivement Didier dit « Clostermann » qui, par sa généreuse initiative, réveille en nous l’enfant endormi. Très longue vie à PlastikDream et à son magnifique forum. Bien cordialement à tous et à toutes.

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